À partir du 1er octobre : flexi-jobs sans restriction dans le secteur du recyclage (CP 142)
Denuo appelle les employeurs à assurer une formation à la sécurité solide pour les flexi-jobistes
À partir du 1er octobre 2026, les entreprises relevant de la Commission paritaire 142 (récupération et recyclage des matières premières) pourront faire appel à des flexi-jobistes sans restrictions supplémentaires. La fédération sectorielle Denuo salue cet assouplissement, mais demande tout de même aux employeurs d'investir suffisamment dans la formation à la sécurité de ce nouveau groupe de travailleurs.
Jusqu'à fin septembre, le recours aux flexi-jobistes dans la CP 142 — qui comprend les sous-commissions pour les métaux (142.01), les chiffons (142.02), le papier (142.03) et les produits divers (142.04) — n'était autorisé que pour les pensionnés du secteur. À partir du 1er octobre, cette restriction disparait. Les entreprises pourront désormais faire appel plus facilement à des flexi-jobistes pour, par exemple pour absorber des pics d'arrivée de matériaux, le travail de tri ou les périodes d'affluence saisonnières.
Un réel atout, mais avec un point d'attention
Pour les entreprises du secteur des déchets et du recyclage, cet assouplissement représente un gain de flexibilité concret. Denuo attire toutefois l'attention sur un point spécifique.
Le tri, le traitement et la préparation, manuels ou mécaniques de ferraille, de métaux, de chiffons, de papier ou d'autres matériaux recyclables exigent en effet une bonne connaissance :
du fonctionnement et des zones dangereuses des lignes de tri, presses, déchiqueteuses/broyeurs et grues ;
de l'utilisation correcte des chariots élévateurs et autres matériels de transport interne ;
de l'utilisation des équipements de protection individuelle (gants, chaussures de sécurité, protection auditive et oculaire) ;
de l'identification des substances dangereuses ou interdites parmi les matériaux réceptionnés ;
des procédures d'évacuation et d'urgence propres au site.
« Un flexi-jobiste qui ne travaille que ponctuellement, ou pour la première fois, sur un site donné connaît moins bien les risques de ce poste de travail qu'un collaborateur permanent. Une brève instruction orale ne suffit pas pour quelqu'un qui ne travaille pas quotidiennement dans cet environnement. C'est pourquoi nous demandons une politique d'accueil et de sécurité structurée, adaptée aux flexi-jobistes », explique Nele Roobrouck, Directrice Générale Adjointe de Denuo.
La sécurité comme responsabilité partagée
Cet appel s'inscrit dans l'article 12/2 de la loi relative aux flexi-jobs. Cet article oblige les commissions paritaires compétentes — et donc aussi la CP 142 — à remettre au ministre de l'Emploi et au ministre des Affaires sociales, un an après l'entrée en vigueur de la loi, une évaluation de l'utilisation des flexi-jobs dans leur secteur.
L'article accorde à cet égard une attention explicite à la sécurité des conditions de travail et à la prévention des accidents du travail. Si des indications sérieuses de conditions de travail dangereuses sont constatées, celles-ci doivent être transmises aux services compétents en vue d'un examen approfondi. La commission doit en outre formuler des recommandations concrètes afin de garantir des conditions de travail sûres dans le secteur.
Pour la CP 142, cela signifie que le secteur lui-même est coresponsable de dresser, dans l'année, un état des lieux étayé de la manière dont les flexi-jobs sont utilisés dans le secteur de la récupération et des risques pour la sécurité qui y sont liés. Les employeurs qui misent dès aujourd'hui sur une formation solide contribuent ainsi, par la même occasion, de manière positive à cette évaluation sectorielle.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour les employeurs de la CP 142 ?
Un accueil et une instruction sur le lieu de travail même — avant de commencer le travail proprement dit, chaque flexi-jobiste reçoit une instruction sur l'installation ou dans le service précis où il/elle travaillera, et pas uniquement un briefing général de sécurité.
Des équipements de protection individuelle disponibles en toutes circonstances — même pour un flexi-jobiste qui ne vient travailler qu'une seule journée, les EPI adéquats doivent être fournis et leur port doit être obligatoire.
L'enregistrement de la formation dispensée — les employeurs consignent les instructions et la formation reçues par chaque flexi-jobiste. C'est utile en cas d'accident du travail et cela constitue une base concrète pour l'évaluation sectorielle.